Butte du Lion de Waterloo> Une curieuse lithographie de 1891

Une étrange lithographie de la Butte du Lion de Waterloo de 1891 – collection Véronique Denis

L’image contient peut-être : ciel et plein air

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Butte du Lion >Histoire locale

Sur facebook  Véronique Denis  raconte

 

1860 – Magnifique photo du Lion. Il n’y a pas de plateforme au-dessus et pas encore d’escalier. Pour accéder au sommet, juste quelques rondins de bois ici et là. L’escalier n’a été placé qu’en 1864. La route du Lion qui s’appelait alors la rue de La Croix n’est qu’un chemin de boue où l’on aperçoit le sillon des roues des chariots. À gauche, une partie plus sèche et herbeuse est réservée aux piétons, chaussés bien souvent de sabots à cette époque…. Le seul bâtiment présent au fond est la première maison du gardien construite par l’Etat belge en 1829 soit trois ans après la construction du Lion. Il s’agit ici d’une des toutes premières photos du Lion, les débuts de la photographie en plein air..

La Butte du Lion de Waterloo et son histoire.

Yves Vander Cruysen raconte :

Il aura fallu plus de dix ans au gouvernement hollandais pour ériger un monument visant à marquer sa participation active à la victoire du 18 juin 1815.

ON NE PEUT PAS DIRE que les initiatives ont tardé, du côté hollandais, pour mettre en valeur la victoire du 18 juin 1815. Moins d’un mois plus tard, le souverain recevait des propositions pour ériger un monument, graver une médaille, organiser des cérémonies et des commémorations. Des souscriptions furent même organisées à cette fin… jusque dans les colonies indonésiennes. Décision fut finalement prise, le 11 décembre 1815, d’organiser un concours visant à ériger un monument dans la plaine de Waterloo. Mais les projets remis ne répondirent pas vraiment aux attentes du souverain, les meilleurs architectes du moment n’ayant même pas voulu participer au concours. C’est dire le niveau que devait avoir la compétition. Même le curé de Waterloo y alla de son idée, imaginant la construction d’un nouvel édifice… religieux. On renonça donc au concours pour retenir le projet d’un fonctionnaire-maison, le Tournaisien Jean-Baptiste Vifquain.

Il s’agissait d’une pyramide en pierre de taille portant simplement, sur chacune de ses faces, le nom des nations alliées ayant combattu à Waterloo. Mais le budget débloqué (500 000 florins) était bien inférieur aux estimations de Vifquain. On lui demanda donc de le réduire. Ce qu’il fit, très lentement, peu enthousiaste à réaliser un monument quelconque. Et lorsque son projet fut enfin proposé, on le fit analyser par un autre fonctionnaire, le Bruxellois Charles van der Straeten, qui ne mit guère de formes pour critiquer son concept et, surtout, son revêtement, offrant « peu de résistance aux pluies, au gel ou au vent ». Il proposa, lui, une « montagne factice, de forme circulaire, qui s’élèverait seule dans la plaine, sans être en concurrence avec aucune élévation voisine et qui serait surmontée du monument proprement dit : un lion colossal placé sur un piédestal de marbre ». C’est ce dernier projet qui fut choisi par le Roi, le 19 janvier 1820.

Il faudra toutefois encore six années pour voir l’œuvre se concrétiser. Car l’architecte va d’abord mettre plus de 300 jours pour obtenir l’accord du propriétaire des terres voisines. Puis, une année de plus pour estimer la quantité de terre nécessaire à la réalisation de la butte. Et l’administration mit un an de plus pour lancer et attribuer les différents marchés de terrassements et de maçonnerie.

Les travaux débutèrent donc en 1824. Les terrassements s’achevèrent fin 1825. Le piédestal fut, lui, installé en octobre 1826. Et le Lion, quelques semaines plus tard. Le tout aura finalement coûté 50 000 florins de moins que prévu. Mais, curieusement, on ne trouve nulle trace d’une quelconque inauguration du « monument hollandais ». Tout au plus un entrefilet dans « Le journal de Bruxelles » du dimanche 5 novembre 1826 annonçant le placement, deux jours plus tôt, du lion sur son piédestal.

 

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